Des nouvelles… de nos formatrices à Ouagadougou !

Comme vous le savez, l’association Répliques organise depuis septembre 2012 un projet international d’éducation à l’image : Enfances de l’art, au fil du Faso proposé et dispensé par les réalisatrices – formatrices Charlotte Béfort et Estelle Duriez.

L’objectif du projet est d’initier les jeunes alsaciens et Burkinabè à la réalisation cinématographique tout en les sensibilisant à la solidarité internationale. D’octobre à janvier, les jeunes alsaciens ont mené un atelier pour réaliser les correspondances à destination des Ouagalais. Et depuis février, Charlotte et Estelle se sont rendues à Ouagadougou pour présenter aux élèves la correspondance vidéo des français et les accompagner dans la réalisation de réponses. Elles seront de retour en Alsace en avril prochain pour présenter aux classes engagées dans cette aventure ces correspondances africaines.

Voici le message qu’elles ont adressé aux jeunes alsaciens pour les tenir au courant des avancées du projet :

« Bonjour à tous !

Comme on dit ici :

– Manawana ? Comment allez-vous ?

– Zakramba ? Et la famille ?

– Lafibala ! Tout va bien, merci !

Voilà 2 semaines maintenant que nous avons atterri à Ouagadougou, et malgré les très grosses chaleurs (35°C en moyenne), nous sommes enchantées d’être de retour en Afrique et nous avons déjà démarré les ateliers dans les écoles.

Dans les écoles Gounghin Nord C, Camp A, St Pierre de Kouka, nous avons déjà fait la rencontre de près de 60 élèves de CM1, avec qui nous avons commencé le travail. Nous n’avons malheureusement pas pu travailler avec des collégiens, pour des questions d’organisation.

Sur ces 3 écoles, une ne dispose pas de l’électricité. C’est donc difficile pour eux, car par ces temps de forte chaleur ils ne peuvent pas fermer les volets ou installer des ventilateurs. De plus, la lumière permet à beaucoup d’élèves de venir réviser leurs leçons le soir, car chez eux non plus il n’y a pas de lumière. Mais un jour, ils espèrent trouver une aide pour pouvoir installer l’électricité et travailler dans de meilleures conditions.

Dès le visionnage de notre film, nous avons remarqué des différences culturelles entre eux et vous : ils ne réagissent pas du tout de la même manière ! Par exemple, certains passages les font beaucoup rire parce qu’ils leur rappellent leur enfance à eux. Alors qu’en France, cela éveillait plutôt la curiosité parce qu’il s’agissait d’un univers totalement différent du vôtre.

Avec notre assistant Vincent Kaboré, comédien de théâtre et metteur en scène, nous avons commencé le travail d’écriture et de mise en scène avec certains groupes. Plusieurs films très différents sont en train de se dessiner : documentaire, film d’animation, film de fiction… C’est beaucoup de travail, mais les élèves le prennent très à cœur et font de leur mieux. Pour la plupart, c’est très difficile car ils n’ont jamais tenu un appareil photo, et qu’ils n’ont presque pas vu de films car ils n’ont pas la télévision chez eux. Techniquement, ils ont donc tout à apprendre ! Pour le travail d’acteur également, beaucoup d’élèves n’ont jamais eu l’occasion de s’exprimer en public, ils sont donc très timides et le travail de répétitions est très éprouvant pour eux. Mais avec de la patience et de la persévérance, certains talents commencent à se révéler !

Ils ont en tout cas tous montré un intérêt certain pour vos films, et c’est avec enthousiasme qu’ils ont commencé à imaginer les réponses. Imaginer que leur film sera vu en France est très stimulant pour eux, et surtout, ils ont hâte de vous connaître mieux.

On vous enverra la suite de nos aventures très prochainement, d’ici-là portez-vous bien !

A bientôt,

Estelle et Charlotte »

Et voici quelques photos pour illustrer leur aventure :

Rebelle Tivoli-solidaritÇ-ECRITURE Tivoli-solidte (directrice) Camp A- REPETITION (3)

Nous sommes également très heureux de vous apprendre que l’Unicef, à travers le Ministère de l’Éducation Nationale du Burkina Faso, soutient ce projet. Il vient s’ajouter au précieux soutien de la DRAC Alsace, l’ACSÉ et la CUS via le Contrat Urbain de Cohésion Sociale, ainsi que l’association Alsace Cinémas grâce au dispositif Passeurs d’images. Merci à toutes ces institutions qui font vivre ce beau projet d’éducation à l’image !

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