La revue de presse

Atelier vidéo au sein du Lycée Gustave Eiffel, Cernay, 2015

Article paru dans l’Alsace, le 17 février 2015

Article Alsace Cernay

Atelier vidéo au sein du Lycée Jean Monnet, 2014

Article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, le 17 décembre 2014 – Charlotte Dorn

article DNA

Atelier vidéo au sein de l’association Lupovino, 2011

Article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, le 03 mai 2011 –  David Geiss

Atelier Lupovino

Photo David Geiss / DNA©

Pour éclairer leurs racines

Du Polygone à la petite cité viticole de Wangen, ce sont des frontières culturelles que transgressent Celia, Madison et Aurélie. Avec micro et caméra elles ont tenté de décortiquer et faire découvrir leur culture des gens du voyage.

« On refait La petite maison dans la prairie », entonnent de concert les trois jeunes adolescentes. Il est midi ce vendredi sur les hauteurs de Wangen, près de Marlenheim.

L’occasion d’une petite pause pour gambader entre les vignes avant de reprendre le tournage dans les ruelles aux contours médiévaux du village viticole.

Caméra, perche et micro en main, elles interpellent les passants, essuient quelque refus et frappent aussi aux portes avec souvent plus de succès.

«Silence! On tourne»

Démonstration faite chez Gérard Déserbais et sa chaleureuse demeure alsacienne. « Comme j’aimerais habiter içi », s’enthousiasme Celia, 11 ans, avant de reprendre son sérieux derrière la caméra. Silence on tourne. Aurélie, 12 ans est à la perche ; Madison, 12 ans, tend le micro. Elle présente et explique d’abord le drapeau yenich, puis l’étendard rom.

Entre tziganes (gitans, roms, manouches) et non-tziganes (vanniers et yenich) la communauté des gens du voyage déjà victime de préjugés prête souvent à confusion. Et nos trois jeunes réalisatrices ont elles-mêmes quelquefois, dans leur quartier du Polygone à Strasbourg, un peu de mal à s’y retrouver. Alors autant partir, ne serait-ce qu’une journée, à la campagne, pour se découvrir.

« Pour vous c’est quoi un raciste ? », interroge Madison. « Beaucoup de gens sont racistes par héritage, par peur. Mais faut essayer de ne pas être raciste. Vaut mieux s’intéresser à la culture de l’autre, que la rejeter », développe Gérard Déserbais.

Sourires des trois adolescentes et sentiment partagé d’apaisement après une intense semaine de tournage. « Nous avons d’abord filmé dans leur quartier puis nous sommes allés au centre- ville de Strasbourg », rappelle leur accompagnateur et réalisateur Eric Schlaflang. Une expérience urbaine qui les a menés au bout d’elles-mêmes. Mais aller vers l’autre provoque aussi des larmes. Celia en est encore tout émue : « Mais maintenant ça va et ici, aujourd’hui, j’y vais cash ».

« Exprime-toi calmement et regarde les gens dans les yeux quand tu parles », corrige quelquefois Eric Schlaflang.

Projection en novembre à Strasbourg

Sans insister, tant les progrès sont déjà tangibles : « L’objectif de ce court-métrage est de sortir ces filles de leur cadre naturel et de les remettre sur leur propre chemin », analyse-t-il. « Ceci en tablant sur l’effet miroir que peuvent constituer ces tournages successifs dans le quartier, le centre-ville puis la campagne ».

Cette initiative réunit les associations strasbourgeoises Lupovino, Répliques et Alliance Ciné Alsace et débouchera sur une projection dans le cadre du festival du film des droits de l’homme en novembre prochain (16-22 novembre au cinéma Star à Strasbourg).

A défaut de petite maison dans la prairie, c’est de la dignité, de l’humanité, de l’ouverture d’esprit et des racines sur bobines que, Celia, Madison et Aurélie mettront à l’affiche.

David Geiss

Atelier vidéo à Emmaüs, 2011

Article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, édition de Molsheim, le 03 avril 2011 – David Geiss

« Cʼest toi Emmaüs ? »

Un court-métrage pour dévoiler le vrai visage dʼEmmaüs. Devant comme derrière la caméra, les compagnons de la communauté de Scherwiller se sont efforcés, vendredi, lors du premier jour de tournage à Heiligenberg, de transcender les clichés. Silence on tourne !

La rue de Montgolfier connaît ce vendredi une singulière effervescence. Il y a le camion dʼEmmaüs, quʼon connaît. La communauté de Scherwiller passe régulièrement dans le coin ramasser les déchets dans le cadre dʼun partenariat avec le Selectʼom. Sauf que là, sous lʼoeil de la caméra, le véhicule ne bouge pas. Tandis quʼAli, Tonio, Arsinn, Hervé, Jean-Yves et Jean-Pierre sʼactivent, eux, à tout va. Perchman, cameraman, acteurs… À chacun son rôle pour donner vie à « La petite Sophie ».

Ils retrouvent un peu de dignité

Cʼest lʼhistoire dʼune machine à laver récupérée chez des particuliers – Célia et son papa – et qui, au contact des compagnons dʼEmmaüs, va vivre une singulière aventure. « Elle est en fin de vie et se livre à un processus de recyclage », rappelle Hervé Altmeyer, formateur chez Emmaüs. On touche là au développement durable. Mais le propos est aussi social, humanitaire et plus simplement humain. Nos compagnons sont pour certains sans papiers et retrouvent par cette activité un peu de dignité. Bref une belle idée quʼil faudra ensuite défendre au Festival international du film sur les droits de lʼhomme organisé lʼautomne prochain à Strasbourg. Cʼest dans cette perspective que les associations strasbourgeoises « Réplique » et « Alliance ciné » épaulent aujourdʼhui Emmaüs. Plusieurs ateliers dʼécriture se sont succédé depuis janvier. Place

maintenant au tournage sous la houlette du jeune réalisateur Eric Schlaflang. Tout le monde est en place, impliqué comme jamais. Passage furtif dans le champ de la caméra. « Sʼil est dans le fond cʼest pas grave car ça fait “vie normale “», remarque Jean-Pierre, scotché à sa perche.

Faut sortir de cette image de paumés

Cʼest de la fiction certes mais le souci dʼauthenticité et de réalisme est manifeste. Plus en retrait, Jean- Yves veille au grain : « Emmaüs, à la télé, cʼest chaque fois les mêmes clichés avec des personnes marquées par la vie », dénonce ce compagnon de longue date. « Mais cʼest pas que ça. Emmaüs, cʼest aussi un savoir-faire » précise-t-il, la main sur le menton. « On nʼest pas parfait mais on nʼest pas non plus des drogués ou des alcoolos… Faut sortir de cette image de paumés ». « La petite Sophie »

devrait y aider. Une prise, puis une seconde et quelquefois une troisième. Aisance des uns, bonne humeur des autres. Les échanges vont bon train et les répliques sʼenchaînent. La petite Célia, jeune fille dʼHeiligenberg, entre en scène. Son lave-linge plie bagages. Elle sʼapproche alors de lʼemblématique camion bleu et apostrophe un compagnon : « Cʼest toi Emmaüs ? ». Cʼest bien lui. Sans artifices et avec du coeur à lʼouvrage.

David Geiss

Photos prises sur le tournage de « La petite Sophie » – David Geiss / DNA©

Masterclass dans les locaux de l’association Lupovino, 2011

Article paru dans 7 à Neudorf Neuhof Meinau – Décembre 2010 – Eugénie Bienaimé

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