Le manifeste des Ateliers de l’Image

1. Les ateliers de l’image envisage une approche globale et positive de l’image. Cette dernière doit servir à informer, à divertir, à communiquer, à prendre du plaisir, il s’agit donc de le faire bien ! Il y a trois éléments à mettre en avant concernant l’éducation à l’image : son aspect ludique, sa puissance de communication, la capacité des publics à s’approprier les projets. Toutes les déclarations suivantes s’appuient sur ces fondements.


2. L’éducation à l’image comme une évidence, pour tous, tout le temps, sans limite géographique, d’âge ou de milieux sociaux.


3. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière, plus ou moins juste ou valable, de faire des images. Chacun choisit celle qui lui convient. Il ne peut y avoir ni trop d’images ni pas assez. On ne peut pas trop créer ni pas assez. Dans le même ordre d’idées, la possibilité ou non, pour un formateur, de vivre de l’éducation à l’image n’est pas un critère de validité ni de moralité dans la pratique pédagogique autour de l’image qui est la sienne, vis à vis de ses publics.


4. Il n’y aucune limite à la créativité humaine et aux possibilités de conception et de production d’images.


5. Le cinéma, quelque soit le genre, l’époque, le format, le support, n’a d’importance que celle qu’on lui donne. Le cinéma est ce que chacun/e veut qu’il soit. La pensée humaine présente une telle diversité et une telle richesse que de simples concepts bons/ mauvais, autorisés/ interdits ne peuvent être que réducteurs et inadéquats. Le cinéma est un artifice, un jeu de l’esprit, un objet de luttes et de passions.


6. La qualité de production n’est pas un critère d’un cinéma juste ou faux. La mise en route d’un projet en dehors d’un schéma et d’un processus classiques de production et de diffusion n’est pas non plus un critère d’invalidité ou d’immoralité de l’œuvre produite, quelque soit sa qualité.


7. Tous les fi lms, tous les genres, tous les cinémas sont valables qu’on les trouve beaux ou vilains, le reste est une question de goût et d’esthétique.


8. Le travail amateur, bénévole ou invisible, ça reste du travail.


9. Le plus grand obstacle à une approche pédagogique saine de l’image, c’est le tabou, la censure. On ne peut pas trop parler de cinéma, ni trop longtemps. L’image concerne tout le monde. L’éducation à l’image est incontournable et importante. Les ateliers de l’image la souhaite massive, populaire, participative, libre et collective plutôt que verticale, centralisée, normative, excluante et élitiste.


10. La mise en scène quotidienne autour de l’image, ses vertus et fonctions, est un enjeu essentiel pour nos sociétés. Les ateliers de l’image cherchent à mettre en valeur une pluralité d’expressions culturelles du cinéma, au delà de la représentation de l’audiovisuel.


11. L’image n’est jamais obscène ou violente en soi. C’est la violence, la haine, l’abus, la déshumanisation et l’exploitation qui sont obscènes. La création d’une alternative à l’industrie cinématographique destructive est essentielle.


12. Chaque personne jouit fondamentalement d’un droit inaliénable à l’image.


13. Aucune des déclarations ci-dessus ne décrit la réalité de la majorité des humains quant à leur expérience pratique et quotidienne de l’image, du champ photo graphique au champ cinématographique, en passant par celui de l’audiovisuel, dans toute leur richesse. Nous reconnaissons le privilège que notre point de vue implique. Le rapport complexe de ces expressions culturelles avec la réalité sociale sous-tend une résistance nécessaire et inéluctable, constructive. Cela demande aussi du respect, de la conscience et de l’humilité face aux personnes qui n’ont pas le luxe d’accéder à toutes les facettes de la richesse de l’image.


14. L’alternative est le fondement positif de la résistance cinématographique. L’éducation à l’image est un des outils de la création de cette alternative.


15. Il ne s’agit pas de mettre en place une nouvelle moralité vis à vis de l’image. Ce manifeste exprime le fondement d’une éthique minimale pratique qui est la nôtre aujourd’hui et n’est valable que pour nous ici et maintenant. La première des liberté qu’offre l’éducation à l’image selon Les ateliers de l’image est de ne pas y adhérer !

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